Profil de Grimpeur
Top 5 - Parois

Nom: Nicolas Raoult
(Arctarus dans le Forum)

Âge: 29

Lieu de résidence: Montréal

Grimpe depuis: 2003

Cannon Cliff, NH, EU, Grand mur formidable qui m'a tant fait rêver
Gunks, NY, EU, je n'y suis allé qu'une fois, mais j'ai eu un plaisir fou à y faire des 5.2 et des 5.3 plutôt aériennes
Adirondacks, NY, EU, pour l'aventure, été comme hiver, sur une foule de parois
Montagne d'Argent, QC qu'on aime ou non ce site, c'est l'endroit où j'ai été initié à l'escalade, où j'ai le plus grimpé, et où j'ai passé tant de belles journées avant tant de partenaires
Kamouraska, Qc, site incontournable au Québec

Depuis combien de temps grimpes-tu? Tu as débuté en quelle année et pourquoi?

Avant de commencer à grimper, j'étais déjà fasciné par la montagne et j'étais un randonneur compulsif ; j'allais fréquemment dans les Adirondacks et les Montagnes Blanches, même seul si je ne trouvais pas de partenaires. Au cours de l'hiver 2003, j'ai suivi un cours de techniques de montagne avec deux amis au Mont Washington, mais comme nous n'avions jamais fait d'escalade, il fallait partir de la base, soit apprendre à faire son nœud en huit, à enfiler son harnais, etc. Disons que j'ai alors eu l'impression de vouloir brûler des étapes, et je me suis rendu compte que l'escalade, un sport qui était pour moi si étranger (frousse des hauteurs oblige !), pouvait m'aider à progresser dans ma vie de néophyte de la montagne.

J'ai alors suivi en juin 2003 un cours d'autonomie en moulinette à l'extérieur, et comme la plupart des grimpeurs, je suis alors tombé en amour avec ce sport. Alors que je considérais l'escalade comme un simple moyen me permettant de progresser comme "futur montagnard", je me suis rendu compte que la grimpe elle-même, même sans être pratiquée en haute-montagne, pouvait être une passion dévorante. Depuis cet été de 2003, je trippes toujours autant à planifier et à rêver à des tonnes de projets de grimpe, j'adore les réaliser les uns après les autres, et je ne me lasse pas de me rappeler avec mes partenaires toutes les belles heures de soleil, d'angoisse, de froid, de rires et de bonheur que nous avons passées sur les parois durant les dernières années.

 

Pratiques-tu tous les styles de grimpe (trad, sport, bloc, glace, alpin) ? Lequel préfères-tu ?
Top 5 - Voies

Je pratique un peu de tous ces styles à l'exception du bloc à l'extérieur, style pour lequel je ne suis définitivement pas fait (je suis aussi souple qu'une planche de bois et, grand comme je suis, j'ai toujours l'impression d'avoir les genoux dans le front). Mon intérêt pour la montagne fait que je vois plus la grimpe sportive comme un entraînement pour devenir plus fort; je prends vraiment mon pied quand je fais du trad, de la glace ou de l'alpin.

Bien que je n'en suis encore qu'à mes premiers pas dans ces derniers types de grimpe, j'adore leur côté 'aventure' et le fait de faire de longues journées sur des voies multi-longueurs. Je savoure toujours intensément chaque petite étape de ces grandes journées : le voyage en auto passé à discuter avec mes partenaires ; la préparation de l'équipement ; la marche d'approche ; le moment où je regarde (toujours en angoissant) la voie ; l'ascension en tant que tel ; les paysages magnifiques ; les cris de victoire après les passages plus corsés ; le moment où on arrive, souriant, au sommet ; la descente ; l'arrivée à l'auto ; la route du retour et, bien sûr, la bonne douche bouillante de fin de journée.

Ces longues journées passées sur la roche ou sur la glace sont à chaque fois des moments grisants qui m'emplissent d'une grande fierté. Cette fierté vient du fait que je ne me considère par comme un grimpeur naturel et que j'aimerais souvent grimper avec une couche tellement je peux avoir peur... Mais me rappelant mes débuts où je tremblais en moulinette à la Montagne d'Argent (ok, je tremble encore souvent, mais bon…), je suis toujours heureux de me dire : "Wow! Je suis maintenant capable de faire tel ou tel classique!". J'adore le fait de constamment repousser mes limites et j'ai toujours l'impression que chaque nouvelle journée de grimpe est la plus belle de toute ma vie.

 

Whitney-Gilman Ridge, Cannon Cliff (NH), 5.7 (600')
Hesitation, Washbowl Cliff (NY), 5.8 (350')
Adagio, Weir (QC), 5.8 (80m)
Avalanche Mountain Gully, Avalanche Lake (NY), WI 4- (500')
Topaze, (QC), WI 4 (150m) (traverser de nuit la rivière St-Maurice en skis et dans le brouillard : ça n'a pas de prix !)

Ton plus beau voyage de grimpe où était-ce?

Bonne question ! Premièrement, je n'ai fait que trois "vrais" voyages de grimpe : deux de montagnes - à Chamonix et sur les volcans du Mexique - et un d'escalade en Virginie de l'Ouest (le site de Seneca était splendide, mais nous n'étions vraiment pas de taille pour cet endroit !). Bien sûr, je suis tombé en amour avec Chamonix : j'ai vraiment eu l'impression de vivre une dizaine de journées magiques dans la Mecque mondiale de la montagne, et j'ai adoré l'idée de faire des courses fascinantes qui peuvent se conclure par un petit café en plein cœur de Chamonix. Malheureusement, comme j'ai fait ce voyage en 2003, j'en étais alors à mes tous premiers pas comme grimpeur, et je n'ai pas pu faire grand-chose sur ce splendide terrain de jeu. J'ai vraiment hâte d'y retourner, mais question d'argent oblige, ce ne sera pas pour l'été prochain!

 

Des projets de voyage, si oui, où?

Pour l'instant, un projet de montagne au Pérou, dans la Cordillera Blanca, mijote tranquillement dans ma tête et dans celles de deux autres bons partenaires. Je n'ai pas fait de haute-montagne depuis le Mexique en 2004 (où j'avais été malade au point de "barbouiller" tous les volcans du pays des tacos), et nous aimerions bien faire des voies pas trop techniques pour prendre de l'expérience en altitude. Bref, de belles montagnes pas trop difficiles, dans un paysage à couper le souffle.

 

Déjà eu une grimpe épique? Si oui, raconte un peu.
Table Rock, Caroline du Nord

Jusqu'à présent, je touche du bois, et je n'ai pas encore vécu de grimpe réellement épique. Il m'est bien sûr arrivé de petites mésaventures, mais rien de grave. Comme petite mésaventure cocasse, je me suis déjà donné un coup de poing dans la face en essayant d'enlever un vieux mécanique coincé dans Club Sandwich à Weir, ce qui a fait tomber une lentille de mes lunettes. J'ai dû terminer la voie en voyant double - une des rares expériences de grimpe que je n'ai pas aimées...

 

Tu es le créateur d'un site web, dédié a tes expériences de grimpe et de rando, comment es-tu embarqué dans cette aventure?

J'ai vraiment embarqué dans cette "aventure" sans trop m'en rendre compte. À l'origine, je travaillais avec deux personnes qui avaient leur propre site internet, et comme ils en jasaient toujours au travail et que je grimpais avec l'un d'entre eux, j'ai profité du fait que j'avais un peu d'espace gratuit avec Vidéotron pour m'amuser à mettre quelques photos sur le net. J'avais alors intitulé ce site "Le Site Brun", pour souligner son côté amateur et sans prétention. Mais je me suis fait prendre au jeu, j'ai ajouté au fil du temps des photos de plusieurs sorties, et page après page, le site est devenu ce qu'il est aujourd'hui.

Comme j'utilise moi-même beaucoup internet pour me renseigner sur mes projets, j'essaie maintenant de mettre un peu plus d'informations à propos des sites que j'ai visités afin de permettre à d'autres grimpeurs de saliver en voyant des photos de toutes les superbes parois qui nous entourent. Et bien sûr, ça permet à mes amis et à ma famille de voir des images de mes sorties, sans les emmerder à Noël avec un album de photos !

 

Ta plus grande inspiration, ou le/la grimpeur(se) qui te motive, ou une personne que tu admire dans le monde de la grimpe?

Bien que j'admire tous les grimpeurs qui grimpent fort et qui font des choses complètement cinglées partout sur le globe, ceux qui me motivent réellement sont bien sûr les partenaires que j'ai cotoyés depuis quelques années. D'un côté, ceux qui sont de mon niveau me motivent par les nombreux projets communs dont nous discutons sans relâche. D'un autre côté, mes partenaires qui sont plus forts que moi et leurs projets me font rêver car je sais que leurs projets de l'année pourront être mes propres projets dans quelques années. Et seconder ces derniers est toujours une joie, car ça me permet de me frotter à des voies que je n'oserais jamais faire aujourd'hui par moi-même.

 

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