Est-ce que vous suivez?

Photo: Ian Bergeron

Par David Savoie

Il y en a un nouveau en Outaouais, deux autres vont ouvrir leurs portes au printemps à Montréal dans le même quartier, un projet a été annoncé pour Lévis, les Laurentides vont également en voir un émerger au cours des prochains mois. Possiblement aussi dans le Bas Saint-Laurent. De quoi parle-t-on? Des gyms d’escalade qui poussent comme des champignons!

On se surprenait, il y a quelques années, de la croissance impressionnante du sport, et déjà, on se posait la question si ça allait durer. On peut dire maintenant que c’est frénétique dans le milieu de l’escalade intérieur. Bien malin celui qui aurait pu prédire que les salles se multiplieraient ainsi.

Si autant de salles intérieures ouvrent, c’est que les gens derrière le projet pensent que la clientèle va être au rendez-vous. Offrir de l’escalade là où il n’y en a pas ou encore là où il y a une masse potentielle assez intéressante. Voir émerger des gyms dans la couronne nord et la couronne sud de Montréal n’a rien eu de très surprenant.

Pour le moment, les faits leur donnent raison : les grimpeurs, nouveaux et plus expérimentés, sont au rendez-vous. Si vous fréquentez les gyms, les soirs de semaine, vous savez que votre sport est populaire en ce moment.

Ce qui est également intéressant, c’est que la barre est maintenant fixée pour que les gyms répondent à certains standards. Il y a, oui, l’ouverture de blocs intéressants, mais aussi l’utilisation de prises, généralement assez grosses et colorées, et de modules, semble être devenue un incontournable. Sans oublier d’autres aspects : de la musique, du café, de la nourriture, une petite boutique. On est loin des gyms que j’ai connu à mes débuts il y a près de 20 ans, un peu poussiéreux, avec des prises qui tournent ici et là, des problèmes ouverts par d’autres grimpeurs en échange d’entrées gratuites.

Est-ce que cet intérêt pour l’escalade intérieure va se maintenir? Plusieurs se posent la question depuis déjà un moment, comme si on s’attendait à ce que ça s’essouffle inévitablement. Peut-être qu’en fait, les gens délaissent des activités physiques plus traditionnelles, comme aller pousser de la fonte ou courir sur un tapis roulant, et préfèrent désormais une activité plus excitante, raisonnablement sécuritaire et qui n’est pas linéaire. L’escalade répond à ces critères. Ou est-ce une mode passagère? Difficile à dire.

Il y a ceux qui s’inquiètent pour la « direction » que prend le sport. Des grimpeurs qui cherchent une expérience qui s’apparente à celle de dehors ne se retrouve pas dans les mouvements parfois acrobatiques voire carrément ninja, surtout en bloc. Une critique qui a pas mal circulé mais dont plusieurs ouvreurs et propriétaires de gyms sont bien conscients. On peut penser qu’il y a et aura encore un équilibre entre les mouvements plus « modernes » et les bons vieux « gauche-droite ».

D’autres aussi se préoccupent de l’impact de ces gyms sur l’escalade extérieure. Évidemment, si effectivement le nombre de grimpeuses et grimpeurs continue d’augmenter à l’intérieur, on peut penser qu’un certain pourcentage ira dehors. Par conséquence, éventuellement, ça fera plus de gens aux parois ou aux blocs. Déjà, la popularité grandissante se fait sentir.

Une chose est certaine : on peut se réjouir de la popularité de notre sport favori. L’escalade est après tout un sport extraordinaire, qui peut mener à toutes sortes d’expérience extrêmement enrichissantes. Plus de gens dans le sport peut se traduire par un meilleur appui financier pour améliorer des sentiers ou développer de nouvelles parois. Ça peut aussi demeurer une activité comme une autre qu’on pratique une ou deux fois par semaine, sur de gros volumes en plastique. Et bien malin celui qui réussira à prédire la tangente que prendra « l’industrie » des gyms, parce que déjà, de nombreuses prédictions se sont avérées

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