L’escalade laisse des traces

Par Ian Bergeron

Nous sommes constamment bombardés d’informations sur l’environnement et pour des raisons hautement valables. Ultimement, il s’agit de la survie de la planète et de l’humanité. Nous le savons, tout ce que nous faisons sur cette Terre laisse des traces et plusieurs combats environnementaux sont menés depuis des décennies. Dans les années 80, c’étaient les pluies acides, ensuite le recyclage et plus récemment la chasse au GES et au plastique dans les océans. Qu’en est-il de l’escalade ? Est-ce que notre activité favorite détériore l’environnement ?

Quand on s’y attarde un peu et que l’on regarde nos comportements, on se rend vite compte que grimper n’est pas aussi propre que l’on pense. Prenons en premier lieu nos déplacements en voiture pour aller grimper les weekends. Voilà certes de la pollution atmosphérique pour une activité assez futile. Idem pour les road-trips ou les voyages en avion afin d’aller grimper dans des endroits exotiques.

La grimpe en salle n’est pas exempte non plus. Les prises sont fabriquées de plastique souvent avec l’utilisation de produits chimiques puissants, dérivés de pétrole. Nos cordes, mécaniques, harnais et vêtements utilisent tous des matériaux synthétiques nécessitant aussi du pétrole pour leur fabrication.

Pensons aux sites d’escalade maintenant. Bon nombre de sites comme Val David et Kamouraska, pour ne nommer que ceux-là, souffrent d’érosion causée par le va et vient incessant des grimpeurs. Sans compter les déchets souvent échappés dans la nature. Plus largement, l’alpinisme souffre également du même fléau. Cette année pas moins de 3 tonnes de déchets ont été récupérées sur l’Everest.

Lors du trek qui va vers le K2, on trouve parfois se genre de scène désolantes | Photo: Ian Bergeron

Depuis que l’escalade est devenue hyper-populaire, le style de vie « climbing-bum » est quasiment devenu « mainstream ». Jadis, les grimpeurs qui vivaient dans leur van étaient une petite minorité. On trouvait souvent les mêmes individus dans les stationnements de nos crags préférés. Aujourd’hui à Red Rocks, Canmore, Bishop il est commun de voir des dizaines de personnes vivre dans leur van et adopter le style de vie nomade. Est-ce que vivre dans une van pollue plus que de s’établir dans une maison ou un appartement ? Ça reste à voir, mais le nombre accru de grimpeurs a certes un impact considérable sur les sites.

Bref, il est faux de croire que notre impact est minimal. Si l’on fait la somme de nos comportements dans une année afin de pratiquer notre sport, je suis convaincu que notre trace environnementale est considérable. Surtout si l’on multiplie ceci par le nombre de grimpeurs sur la terre.

Où je veux en venir? Très bonne question! Essentiellement à deux points. Primo que l’on arrête de jouer les autruches et que l’on se sorte la tête du sable. Pratiquer l’escalade ce n’est pas « clean ». C’est indubitablement moins pire que faire du motocross, mais ça demeure polluant pareil. Secondo, que l’on réfléchisse tous aux gestes que nous posons afin de voir si nous ne pouvons pas limiter nos impacts. Par exemple en covoiturant pour aller grimper. Ou encore en privilégiant l’usager au neuf lorsque possible. Peut-être aussi en visitant des sites moins achalandés afin de limiter l’érosion.

Je ne prétends pas avoir toutes les solutions alors les commentaires et suggestions sont plus que bienvenus. Soyons respectueux d’autrui et de notre planète, sans elle on n’a plus rien.

2 Comments on "L’escalade laisse des traces"

  1. Booooooring!

Leave a comment