Nouvelle voie mixte dans les Écrins
Baptiste Obino et Martin De Truchis ont ouvert, entre le 13 et le 15 janvier, une nouvelle voie dans la face nord de la Roche d’Alvau (Hautes-Alpes), intitulée « Ç’Alvau l’coup » (ED+, 700m, 6a, P4+, WI6, M7+). Après avoir identifié la ligne en mai sur Skitour, les deux alpinistes ont gravi et libéré la voie en trois jours, avec une approche difficile dans la neige et des conditions techniques exigeantes. L’ascension comprenait des sections variées, allant de stalactites fragiles à une rampe de neige idéale pour le bivouac. Ils ont utilisé une stratégie de « fixation » des longueurs pour économiser leurs forces, avant de terminer l’ouverture dans un style efficace et audacieux. Bien que certaines portions de la voie puissent avoir été partiellement explorées dans le passé, l’itinéraire final reste une première remarquable.
Quelques jours plus tard, Esteban Daligault et Thomas Joannes ont tenté une répétition de « Ç’Alvau l’coup », profitant des conseils de Baptiste Obino concernant les conditions favorables à l’abri du vent. Malgré leur expérience et leur préparation, les deux alpinistes ont rencontré des difficultés liées à la neige abondante et au froid. Ils ont atteint le sommet de la L14 mais ont décidé, par mesure de sécurité, de ne pas gravir les trois dernières longueurs. Leur descente fut éprouvante, avec des rappels compliqués et des conditions exigeantes, prenant finalement plus de temps que l’ascension. Cette tentative illustre les défis constants de l’alpinisme hivernal dans les Écrins.
Décès d’une femme en sur le Grossglockner en Autriche
Le 18 janvier, un couple autrichien a entrepris l’ascension du Grossglockner (3 798 m) par la crête Studlgrat, une route technique rarement tentée en hiver en raison de ses conditions difficiles (AD, III+). Progressant lentement, ils étaient toujours à 50 mètres du sommet à minuit. La femme, épuisée par le froid et le vent, s’est effondrée et a demandé à son compagnon d’aller chercher de l’aide. L’homme a continué jusqu’au sommet et est descendu par la voie normale, atteignant une cabane à 3 451 m à 3h40 pour appeler les secours. Malheureusement, malgré l’intervention rapide des sauveteurs, la femme avait déjà succombé au froid lorsqu’ils l’ont retrouvée au matin.
Ce drame soulève de nombreuses questions sur les décisions prises pendant l’ascension. Pourquoi ont-ils poursuivi malgré la nuit tombante et les conditions difficiles ? Pourquoi n’ont-ils pas utilisé leurs téléphones pour appeler à l’aide ou leurs équipements de survie ? Les autorités autrichiennes ont ouvert une enquête pour déterminer la responsabilité du compagnon, considéré comme le leader de l’expédition. Selon un guide expérimenté, tenter cette voie en hiver sans accompagnement professionnel est extrêmement risqué, et laisser une personne seule dans de telles conditions signifie presque certainement la condamner.

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