Retour sur les Mondiaux d’Escalade de Paris

Mondiaux de Paris | Photo: Sébastien Lazure

Par Sebastien Lazure

Le Championnat du Monde de Paris avait lieu du 14 au 19 septembre dernier présentant la difficulté, le bloc, la vitesse et l’handi-escalade. Cet événement, c’est le plus haut niveau de compétition en escalade, un réel avant-goût des jeux olympiques de 2020. 600 athlètes venant de 55 pays différents sont venus se mesurer aux meilleurs afin de remporter le titre de champion du monde.

Ayant fracturé mon poignet en janvier 2016, j’ai manqué une bonne partie de la saison de compétition. Ma remise en forme et ma préparation pour le championnat ont donc été condensées en quelques semaines après ma guérison. Il était important que je m’assure d’avoir bien guéri avant de grimper à pleine capacité et de recommencer l’entraînement. En termes de préparation, j’ai participé à deux compétitions à Montréal cet été et, avec l’aide de simulation de compétition sous forme de circuits, j’ai pu me rattraper sur l’aspect mental de la compétition. En effet, c’est une chose d’être prêt physiquement, mais c’en est une autre d’être prêt mentalement. Je suis convaincu qu’il s’agit d’un point important qui fait une grande différence pour une bonne performance, surtout sur le circuit international ! Les athlètes étant tous au maximum de leur capacité physique, il faut être en mesure de ne faire aucune erreur contre ces gens qui n’en feront certainement pas. Le plus souvent, c’est avec des blocs comportant des mouvements plus risqués ou complexes que les ouvreurs départagent les grimpeurs.

Dans le cadre de ce championnat, je ne participais qu’à la compétition de bloc. J’ai terminé 67e sur les quelques 125 compétiteurs présent. Ma position ne m’a pas permis de passer à la prochaine ronde (seulement les 20 meilleurs étaient pris), mais je suis somme toute satisfait de ma performance. J’ai grimpé avec l’intensité et la fluidité que je voulais avoir pendant le circuit des 5 blocs proposés. J’ai offert une bonne performance malgré le fait que j’aurais pu réussir plus de problèmes. J’ai terminé avec 1 top en 2 essaies et 3 bonus en 8 essaies. Seulement certaines décisions de méthodes ont joué sur la réussite des autres blocs. Il faut arriver à tout faire parfaitement en 5 minutes et, combiné avec le facteur compétition, cela ne laisse pas beaucoup de place à l’erreur. C’est en se mettant dans ces situations qu’on apprend le plus et qu’on gagne en expérience.

5 blocs – 5 lectures – 5 minutes
Le premier bloc était un peu plus évident en terme de beta, mais a tout de même réussi à faire tomber plusieurs personnes. Certains décidaient de se lancer en dyno et d’autres de passer par le volume du toit de manière plus statique. J’ai choisi la deuxième option et j’ai réussi le bloc au deuxième essai après que mon talon ai glissé de la prise. Je me suis peut-être trop précipité.

Le second problème était un slab super technique sur des volumes. J’ai su retirer assez d’informations à chacun de mes essais pour aller de plus en plus loin. À mon dernier essai, je me suis rendu au bonus. Puis, j’ai hésité entre 2 méthodes. J’en ai choisi une mais je n’ai malheureusement pas choisir la bonne. L’autre semblait mieux fonctionner.

Sebastien sur bloc no 2 | Photo: Yanne Golev

Sebastien sur bloc no 2 | Photo: Yanne Golev

Le troisième bloc, je croyais que c’était dans la poche à première vue… mais je me suis laissé avoir par le volume dual texture et je n’ai pas fait la méthode que j’aurais instinctivement exécutée s’il n’avait pas été glissant. Je me suis rendu compte au dernier essai que, finalement, la partie glissante ne changeait pratiquement rien et que je pouvais l’utiliser.

Le bloc 4 avait un léger dévers avec une séquence en déséquilibre. C’est le bloc que j’étais le moins près de réussir. Je ne comprenais pas comment me placer pour avancer du bonus jusqu’à la fin.

Le dernier problème était encore une fois assez complexe avec des volumes bien lustrés. J’ai été bien créatif sur celui-ci en imaginant une méthode avec un crochet d’orteil sur l’arête, une méthode que peu de gens ont fait. J’ai réussi à avancer jusqu’à me lancer pour la dernière prise, mais je n’ai pas été en mesure de la tenir.

Sébastien sur le 5e bloc | Photo: Eddie Fowke

Sébastien sur le 5e bloc | Photo: Eddie Fowke

J’ai profité du reste de la compétition en tant que spectateur. Et quel spectacle nous avons eu ! L’ambiance des finales avec les 10 000 personnes présentes dans le stade de Bercy était surréelle. Les ouvreurs ont fait un travail impeccable à tous les niveaux pour offrir des moments mémorables à la foule et aux athlètes, assurant le succès de l’événement.

Nous avons terminé notre voyage avec 2 belles semaines de bloc dans la mythique forêt de Fontainebleau ! Le beau temps était au rendez-vous et nous avons grimpé tout plein de blocs de grande qualité. Nous sommes maintenant de retour à la maison et déjà de retour à l’entraînement en vue des compétitions qui approchent et des nouveaux projets à venir !

Photo: Sébastien Lazure

Photo: Sébastien Lazure

1 Comment on "Retour sur les Mondiaux d’Escalade de Paris"

  1. bravo Sébastien, bel effort!
    Bonne chance dans les prochaines compés !

Leave a comment