Top 5 glace – le top 2 de Charles Roberge

(NDLR) Charles Roberge a compilé son top 5 des plus belles voies que nous dévoilerons à question d’une par semaine. En espérant que ce palmarès et ces récits vous inspirent pour la saison de glace qui est à nos portes. Par ici pour la partie 1, 2 et 3.

2e place – Klondike – Janvier 2021
C’est sur la rivière Malbaie, après avoir grimpé Pomodoro, que nous avons aperçu que ce mince filon étroit était de nouveau formé, grâce à la pluie diluvienne que nous avons connu à Noël 2020. La dernière fois que j’ai vu la voie formée était en 2017 lorsque j’ai fait une visite dans le parc.

C’était la première fois que nous grimpions avec Yan le Blaireau depuis sa blessure au pied. La dernière grimpe que nous avions fait tous ensemble était en décembre 2018 dans la Loutre, une sortie épique qui avait solidifié l’équipe. Donc l’occasion était parfaite pour célébrer le retour du mustélidé.

Les conditions pauvres en neige durant cet hiver nous ont aidés dans la longue approche vers cet amphithéâtre austère où sied la voie Klondike. Et une fois au pied de la voie, la perspective nous a joué un tour en nous induisant en erreur par rapport à l’angle général de la voie, une journée facile qu’on s’est tous dit.

La Chèvre dans la première longueur

Pif paf, la réalité fut différente dès le départ. Après la glace mince et le spindrift de la première longueur puis une étroite 2e longueur, c’est la 3e et longueur crux de la voie qui nous en a fait voir de toutes les couleurs : une délicate et déversante colonne à grimper et à protéger. Le reste de la voie était de niveau modéré mais soutenu. Et les relais très mal protégés ont contribué à l’ambiance générale de la voie.

J’ai ressenti beaucoup de fierté d’avoir ouvert cette voie de qualité de niveau difficile en compagnie de mes amis sur le mont de l’Équerre, à proximité du trio de voie le plus grandiose de la belle province.

Klondike: Nouvelle ligne majeure aux Hautes Gorges

1ère place – Maikan – Février 2022

Même des mois plus tard, je repense régulièrement à cette incroyable journée du 11 février lorsque nous avions fait la première ascension de cette voie qui représente l’apogée de ma carrière de grimpe sur glace.

Avant de recevoir les photos de notre ami pilote d’hélicoptère quelques semaines auparavant, j’ignorais totalement l’existence de cette voie qui n’a pas son comparable dans la province. Le potentiel de ce secteur de la rivière Moisie était déjà connu pour avoir reçu des photos en 2019 mais Maikan n’était pas formée à ce moment-là.

J’ose me dire que nous étions au bon endroit au bon moment car la météo avant et après notre ascension de cette voie était glaciale. La météo s’était réchauffée jusqu’à près de 0c et devenue agréable pendant 48h, juste assez longtemps pour que la glace devienne moins cassante et qu’on grimpe la ligne. Dès le lendemain, le froid reprenait ses droits.
C’était une voie assez intimidante que je me suis empêchée de la regarder tout au long de l’approche et de la préparation afin de ne pas troubler mon esprit. Et à quelques mètres du sol, lorsque j’ai regardé vers le haut et vu la quantité phénoménale de glace suspendu au-dessus de ma tête, j’ai figé. Au prochain replat, j’ai repris mes esprits et la beauté de l’escalade m’a plongé dans un état de concentration absolu.

La deuxième longueur était spectaculaire, variée et technique. La marmotte a réalisé une véritable odyssée en s’y aventurant dans l’inconnu le plus pur. Dans la 3e longueur, l’expression « rentrer dans la gueule du monstre » prenait tout son sens. Puis la dernière longueur, que je croyais qu’elle ne serait qu’une formalité par rapport au reste de la voie, n’avait pas dit son dernier mot en s’assurant de nous épuiser jusqu’au bout, heureusement que les blaireaux sont réputés être tenaces.

Outre la beauté atypique de cette voie, l’expédition en tente prospecteur, vivre parmi les loups et les moments partagés entre « frères d’armes » dans l’immensité sauvage de la Côte-Nord ont contribué à rendre ce voyage inoubliable.

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Pour finir, il y a des superbes voies que j’aurais aimé inclure dans mon Top 5 comme Gracieuseté d’un B.S. sur le réservoir Manic-2, Liberté sur la rivière Betsiamites ou encore Carpe Diem sur la rivière Godbout mais pour le but de l’exercice, je me suis limité à 5 voies. Il y en a que je n’ai pas eu encore la chance de grimper comme La Trilogie à Petit-Saguenay, le Cannelloni du Curé à Percé ou Les Elles du Délire dans la Jacques-Cartier qui auraient probablement influencé mon choix. Qui sait? Peut-être que dans quelques années, j’aurais un top 5 complétement différent de celui que j’ai présenté, résultat de l’exploration que j’aurai poursuivi sur des lignes connues ou vierges. Tout comme la glace, mon choix n’est pas immuable, l’essentiel sont les souvenirs qui ne changent pas!

Bonne saison, amusez-vous bien!

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