Une pensée pour les Premières Nations

Pensionnat de Kamloops | Photo: NATIONAL CENTER FOR TRUTH AND RECONCILIATION

Nous sommes le 1 juillet, officiellement journée de fête pour le «plusss meilleur pays du monde», pour paraphraser un ancien premier ministre canadien, mais cette année n’en est pas une de réjouissances et pour plusieurs raisons. Oui, enfin, le confinement se relâche et l’envie de festoyer nous habite, mais je ne peux qu’avoir une pensée en ce jour du Canada pour les peuples autochtones.

Le « bon missionnaire » apportant « la bonne nouvelle » aux « sauvages »

Les centaines de tombes anonymes des pensionnats Marieval et Kamloops (et depuis hier Lower Kootney) m’ont particulièrement ébranlé. En tant que papa, je n’ose pas imaginer la détresse vécue par ces mères et pères qui se sont vu arracher leurs enfants sans jamais les voir revenir. Sérieux, c’est inimaginable.

Comme tout le monde j’ai été élevé avec des livres d’histoire où l’autochtone était un sauvage à qui les bons prêtres étaient venus apporter « La Bonne Nouvelle », la voie du Christ. En retour les « méchants indiens » avaient fait bouillir ces bons missionnaires… Dieu que la réalité est bien loin de ce qui se trouvait dans nos manuels scolaires!

L’affrontement de la Crise d’Oka

Par la suite il y a eu la Crise d’Oka et les « blocages »… Ces événements n’ont rien fait pour améliorer l’opinion publique à la réalité autochtone. Rien de mieux pour frustrer l’homme blanc que de mettre une entrave entre son véhicule et sa route, que ce soit un cycliste ou un «sauvage».

Nous voici un peu moins de 500 ans depuis que Jacques Cartier a planté sa croix en Gaspésie au nom du Roi de France. Près de 500 ans à dénigrer, refouler, tuer, torturer et assimiler les autochtones au nom de l’Église et/ou de la « modernité ». 500 ans à fouler une terre qui n’est pas la nôtre, mais en prétendant le contraire.

Ma réalité c’est celle de l’homme blanc. Je n’ai jamais été exposé à la réalité amérindienne. Je n’ai pas d’ami issu des premières nations. J’ai été élevé dans les préjugés que les « indiens » étaient des alcooliques qui se faisaient vivre au crochet du gouvernement. Aujourd’hui la honte m’habite pour ce que ma race a fait vivre aux premiers habitants de mon pays.

C’est quoi le rapport de tout ceci avec l’escalade? Aucun, sinon que la prochaine fois que vous irez en forêt ou sur une paroi, ayez une pensée pour les gens qui ont foulé ces lieux avant vous, pour ces personnes que l’on a refoulée dans des réserves. Dites vous que ce lieu que vous appréciez tant, nous l’avons volé. Pas directement, non, mais d’une certaine manière, en ne faisant rien, nous cautionnons les actes de nos ancêtres.

Il est temps que l’homme blanc, que l’Église, que le gouvernement admettent tous ses torts et qu’une véritable réconciliation se fasse avec les premières nations. Le premier juillet devrait, à mon sens, devenir une célébration des peuples autochtones. Éloignons-nous de la honte et faisons place aux Abénaquis, Algonquins, Attikameks, Cris, Hurons-Wendats, Innus, Inuits, Malécites, Micmacs, Mohawks et Naskapis de chez nous.

PS: je vous invite à regarder le documentaire Rencontre de Mélanie Carrier et Olivier Higgins.

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