La communauté de l’escalade québécoise est en deuil. Mathieu Élie, mieux connu sous le nom de La Mouette, nous a quittés, laissant derrière lui un héritage qui a marqué durablement la façon dont on grimpe à Montréal.
Un pionnier du bloc urbain
Bien avant que le urban bouldering ne devienne une pratique reconnue, Mathieu Élie faisait déjà partie d’une poignée de grimpeurs qui redéfinissaient ce que pouvait être l’escalade en ville. Aux côtés d’Antoine Séguin (Canardo), Jean-Mathieu Nichols (Serviette) et Jean-Marc de la Plante, il formait ce qu’on a surnommé le « crew des oiseaux » — probablement les tout premiers à avoir posé les mains sur les structures urbaines de Montréal avec l’œil d’un grimpeur de bloc.
Ponts, murs de briques, murs de béton, sculptures : ce groupe a pris le concept du bouldering et l’a appliqué à la ville elle-même, cherchant la ligne la plus inspirante dans le mobilier urbain plutôt que sur le rocher. Ils ne se contentaient pas de traverser des murs comme d’autres l’avaient fait avant eux — ils envisageaient chaque structure pour la beauté de ses mouvements, allant jusqu’à nommer et coter leurs lignes, un peu comme on le ferait en falaise.
Et selon son propre complice Antoine Séguin, c’était La Mouette qui menait la charge — toujours le premier à débarquer avec une nouvelle ligne à tenter.
Un grimpeur, une force, une présence
Ceux qui l’ont côtoyé se souviennent d’un grimpeur inspirant autant que d’un personnage haut en couleur. Un humour vif, un rythme et un bruit qui lui étaient propres, et ce cri de joie caractéristique au moment de saisir le dernier jug d’un bloc difficile — un cri qui, selon ses proches, continuera longtemps à résonner dans la forêt et à la salle Allez Up.
Marginal, comète, joueur de tours : les mots employés par ceux qui l’ont connu dressent le portrait d’un homme qui a marqué les esprits autant par sa personnalité que par ses réalisations en escalade.
Je l’ai connu chez Allez-Up dans l’ancien édifice, dans le temps qu’il y avait une tonne de garnotte au sol. C’était tout un numéro! Il avait tout le temps une tuque et il grimpait à une vitesse hallucinante. Pis il squipait de dégaines!!! Souvent les dernières pour que le whipper soit plus long. Il m’avait dit, à la blague: y’en a tout le temps trop anyway! – Ian Bergeron
Un dernier envol
Un hommage public sera rendu à Mathieu dans les prochains jours :
Date : 10 septembre, dès 18 h
Lieu : Allez Up Saint-Patrick
Au programme : courts films, rires et larmes partagés entre amis. Les proches sont invités à apporter leurs propres photos de Mathieu entouré de monde, qui viendront enrichir un carrousel de souvenirs projeté pendant la soirée.
EscaladeQuebec.com tient à offrir ses condoléances à la famille et aux proches de Mathieu Élie. Son influence sur l’escalade urbaine à Montréal restera une part importante de l’histoire du sport au Québec.

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