20 ans de Trad Charlevoix – Une histoire d’escalade, de passion et de partage

Photo: Patrick Cadieux

Par Alain Simard

Peut-être devrais-je commencer par expliquer l’origine du nom du festival, et pourquoi il a changé au fil du temps. Tout a commencé en 2005, dans mes premières années en tant que grimpeur d’escalade traditionnelle. À l’époque, je cherchais simplement à rencontrer d’autres passionnés, à me faire des partenaires et à partager cette passion si vivante en moi. Nous échangions alors sur le forum « Dr. Topo », et c’est à l’occasion du Festival du Coureur des Bois, dans mon petit village, que j’ai eu l’idée d’inviter la communauté de grimpeurs à se rassembler… sur mon propre terrain.

J’avais nommé cet événement le Trad Pow Wow, inspiré par mon intérêt de longue date pour les cultures autochtones et ma perception du pow wow comme un moment de communion entre l’humain et la nature. Pour moi, cela représentait bien ce que nous vivions en escalade : un lien profond avec la roche et les montagnes de notre région.

Mais avec les années, la sensibilisation à l’appropriation culturelle a cheminé au Québec, et il est devenu clair que l’usage du mot pow wow doit être réservé aux communautés autochtones elles-mêmes. C’est donc dans cet esprit de respect que le Trad Pow Wow est devenu le Trad Charlevoix.

Au fil des années, le festival a connu son lot d’anecdotes mémorables : des néophytes (moi y compris à l’époque !) qui coinçaient leurs cordes dans les fissures de la Direct du Mont de l’Ours, d’autres qui se perdaient au sommet du Gros-Bras et devaient être secourus, incapables de retrouver le sentier de descente. On a aussi connu de véritables embouteillages dans les voies populaires des Trois Monts, malgré la richesse du terrain de jeu que le secteur nous offre.

Cour arrière à Alain!

Avec le temps, je me suis davantage investi, d’abord comme jardinier de sentier, puis comme ouvreur-équipeur, grâce à mes certifications de la FQME. J’ai ainsi pu développer de nouvelles voies et contribuer à faire rayonner notre terrain de jeu. En 2011, avec mon ami et partenaire de grimpe Benoît Dubois, nous avons publié un nouveau topo des voies d’escalade du Parc des Grands-Jardins. Je tiens à souligner le travail titanesque de Benoît, qui a réalisé un document clair, illustré et à jour à partir des informations et photos que je lui ai fournies.

Depuis les débuts, le festival a vu défiler une foule de participants tous plus colorés les uns que les autres : des débutants curieux, des experts inspirants, des solitaires et des familles. Chaque édition est marquée par la richesse des échanges, surtout autour du feu – toujours le cœur du rassemblement. Une flamme de 15 pieds, des rires, des sourires, et des histoires de grimpe à n’en plus finir.

Aujourd’hui, 20 ans plus tard, les jeunes couples côtoient les petites familles, la joie et la bonne humeur sont toujours là. Les nouveaux visages rencontrent ceux de la « vieille garde », qui réapparaissent d’année en année selon leurs disponibilités et leurs engagements.

Malgré le temps qui passe, je trouve encore facilement la motivation. Le regard de mes enfants me rappelle que l’avenir est prêt à prendre la relève, à continuer de tisser des liens entre grimpeurs et montagnes, entre mentors et nouveaux passionnés. J’ai commencé ce rassemblement comme un débutant, et me voilà maintenant grimpeur expérimenté, avec plus de 20 ans d’exploration et d’engagement pour faire vivre et grandir cette passion : l’escalade traditionnelle.

En espérant que ce travail portera ses fruits pour les années à venir.

Poster de 2016

Celui de 2019

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